La Cyberdépendance


Les ordinateurs, smartphones et Internet font partie du quotidien des adolescents et sont devenus indispensables pour communiquer, se divertir et s’informer. Mais lorsque leur utilisation devient trop fréquente ou difficile à contrôler, elle peut commencer à prendre trop de place dans la vie de tous les jours. Cela peut alors avoir un impact sur le sommeil, la scolarité, les relations sociales ou encore le bien-être. On parle dans ce cas de cyberdépendance ou d’usage problématique des écrans.

“Cyber… dépendance ?”

Le préfixe « cyber » désigne tout ce qui est lié aux technologies numériques et à Internet : réseaux sociaux, jeux en ligne, messageries, sites web ou encore cybersécurité.

La cyberdépendance (ou usage problématique des écrans) correspond à une utilisation excessive et difficile à contrôler d’Internet ou des outils numériques, qui peut concerner les jeux en ligne, les réseaux sociaux ou d’autres applications.

On parle de cyberdépendance lorsque plusieurs signes apparaissent : difficulté à se déconnecter, besoin d’augmenter progressivement le temps passé en ligne ou encore perte de contrôle sur son usage. Cela peut s’accompagner de conséquences négatives dans la vie quotidienne, comme une baisse des résultats scolaires, des troubles du sommeil, un isolement social, une perte d’intérêt pour les activités hors ligne ou encore une sensation de stress ou d’agitation lorsqu’on n’est pas connecté.

 

 

“Quelles sont les différentes formes de cyberdépendance ?”


La cyberdépendance peut prendre plusieurs formes selon les usages d’Internet et des écrans. Elle ne concerne pas uniquement les jeux vidéo, mais différents comportements en ligne qui peuvent devenir excessifs ou difficiles à contrôler.

  • Relations en ligne : privilégier les échanges sur Internet (réseaux sociaux, messageries, forums) au détriment des relations réelles, avec un besoin constant d’être connecté et de maintenir des interactions virtuelles.

  • Jeux vidéo en ligne : usage excessif des jeux, difficulté à limiter le temps de jeu, au point que cela peut impacter le sommeil, la scolarité ou les activités quotidiennes.

  • Recherche de contenus sexuels en ligne : consultation répétée de contenus pornographiques ou recherche de relations virtuelles de manière difficile à contrôler.

  • Achats compulsifs en ligne : achats répétés et impulsifs sur Internet, même sans réel besoin ou au-delà des moyens disponibles.

  • Jeux d’argent en ligne : participation excessive à des paris, casinos ou autres jeux d’argent sur Internet, avec perte de contrôle possible.

  • Recherche excessive d’informations : besoin constant de consulter et accumuler des informations en ligne, au détriment d’autres activités.

 

 

“Au bout de combien d’heures par jour est-on dépendant ?”

Il n’existe pas de nombre d’heures précis à partir duquel on devient dépendant des écrans ou d’Internet. Tout dépend surtout de la manière dont ils sont utilisés et de l’impact que cela a sur la vie quotidienne.

Le signe principal, ce n’est pas le temps passé, mais la perte de contrôle : ne pas réussir à s’arrêter même quand on le veut, passer plus de temps que prévu en ligne, ou avoir du mal à se passer des écrans.

On parle d’usage problématique quand les écrans prennent trop de place par rapport à d’autres activités importantes comme dormir, aller à l’école, voir ses amis, faire du sport ou passer du temps en famille.

Dans certains cas, cela peut aussi entraîner de la fatigue, des difficultés de concentration, de l’irritabilité ou un mal-être quand on n’est pas connecté.

Ce n’est donc pas une question d’heures fixes, mais surtout une question d’équilibre et de contrôle dans la vie de tous les jours.

“J’ai un oncle qui passait son temps sur des casinos en ligne, il a perdu tout ce qu’il avait !”

Internet ne crée pas forcément le problème, mais il peut le faciliter car l’accès aux jeux est permanent, rapide et disponible à tout moment.

Les personnes concernées peuvent développer une perte de contrôle sur leur comportement de jeu, avec des conséquences importantes sur leur situation financière, sociale ou familiale. Cela peut aller jusqu’à des dettes importantes ou des difficultés personnelles sérieuses.

Ce type de situation correspond à un usage problématique des jeux d’argent, où le besoin de jouer prend progressivement le dessus sur les limites fixées au départ.

Internet peut aussi rendre d’autres comportements plus accessibles, comme les achats compulsifs ou certaines pratiques en ligne, ce qui peut renforcer des difficultés déjà présentes.

“Ça concerne beaucoup de gens ?”

La cyberdépendance peut toucher tout le monde mais les adolescents et les jeunes adultes sont particulièrement concernés car ils utilisent beaucoup les écrans au quotidien (réseaux sociaux, jeux vidéo, streaming, etc.).

Il est difficile de donner un chiffre précis car cela dépend des études et des critères utilisés pour définir un usage “problématique”. On ne parle pas forcément de dépendance au sens strict pour tous les utilisateurs intensifs mais plutôt de situations où l’usage d’Internet commence à avoir un impact négatif sur la vie quotidienne (sommeil, école, relations, bien-être).

La frontière est parfois floue car les écrans font aujourd’hui partie de la vie normale et sont utilisés aussi bien pour les loisirs que pour l’école ou la communication. C’est donc surtout l’impact sur la vie personnelle et la perte de contrôle qui permettent d’identifier une situation problématique.

“Qu’est-ce qu’il faut faire pour sortir de ça ?”

Sortir d’un usage problématique des écrans demande du temps et des ajustements progressifs. La première étape consiste souvent à prendre conscience du problème et à en parler à un adulte de confiance (parent, enseignant, médecin ou éducateur).

Il peut ensuite être utile de réduire progressivement le temps d’écran, plutôt que d’arrêter brutalement, et de remettre en place des activités hors ligne : sport, sorties, hobbies, sommeil régulier.

Dans certains cas, un accompagnement professionnel peut être proposé, par exemple par un psychologue ou un service spécialisé. L’objectif n’est pas de “punir” mais de comprendre les causes de l’usage excessif et d’aider à retrouver un équilibre.

L’entourage joue aussi un rôle important : il peut soutenir, encourager et aider à retrouver des habitudes plus saines au quotidien.

En savoir plus
Cyberdependance.be : Informations sur les usages abusifs des jeux vidéo et des jeux en ligne.
Jarretequandjeveux.org : Site destiné aux enfants/parents/enseignant concernant l’addiction aux jeux vidéo.
Cliniquedujeu.be : Informations sur les addictions au jeux de hasard et d’argent ainsi que les autres addictions comportementales.
Stopouencore.be : Faire le point sur sa consommation d’alcool, drogue, médicaments, jeu, Internet…
Infordrogues.be : Information, aide et conseil sur les problèmes de drogues.  
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