Le don d’organes


Aujourd’hui, les progrès médicaux sont incroyables mais ils ne suffisent pas toujours. Le don d’organes est essentiel pour sauver des vies. Alors, si tu ne t’es jamais penché sur la question, c’est peut-être le moment d’en parler en famille, loin des situations dramatiques.

Le don d’organes ? J’en ai déjà entendu parler mais…”

Aujourd’hui, les progrès de la science permettent de sauver de nombreuses vies grâce aux dons de sang, de tissus et d’organes.

Pour certaines personnes atteintes de maladies graves, la seule façon d’aller mieux consiste parfois à remplacer un organe malade par un organe sain.
Grâce à une transplantation, tu offres à quelqu’un la possibilité de retrouver une vie plus normale.

À titre informatif, la Belgique a franchi en 2025 le cap des 500 000 déclarations d’accord au don d’organes.

Poumons, cœur, foie, reins, pancréas, intestins : un seul donneur peut sauver jusqu’à huit personnes. Il est également possible de faire don de matériel corporel humain (cellules, tissus, etc.) pour les transplantations mais aussi pour soutenir la recherche scientifique et la fabrication de médicaments.

“Ça m’intéresse ! Comment ça se passe ?”

Il existe deux types de dons d’organes : le don de son vivant et le don « post-mortem » (après le décès).

De ton vivant

Dès l’âge de 18 ans, tu peux donner certains organes ou une partie de certains organes de ton vivant. Tu as sans doute déjà entendu parler du don de rein ou d’une partie du foie.

C’est un geste solidaire qui peut faire une énorme différence pour quelqu’un d’autre. Un don d’organe n’est autorisé que si la santé du donneur n’est pas mise en danger. Lorsque les risques pour le donneur sont plus importants, le prélèvement n’est envisagé que dans des situations très particulières et après une évaluation médicale rigoureuse.

Dans tous les cas, le médecin chargé de l’intervention doit te fournir des informations claires sur les conséquences physiques, psychologiques et sociales du prélèvement. Le don ne peut avoir lieu qu’avec ton consentement libre et éclairé, exprimé par écrit. Il est réalisé dans un but exclusivement altruiste : il est interdit de recevoir une rémunération en échange d’un don d’organe.



Post-mortem

Dès l’âge de 13 ans (sous certaines conditions strictes et moyennant le consentement parental), tu peux te déclarer comme donneur d’organes après ton décès, c’est ce qu’on appelle un don « post-mortem ».
Si tu es mineur, il te faudra donc l’accord d’un parent/tuteur, sinon, tu devras attendre ta majorité pour acter ton choix.

Le prélèvement d’organes peut être réalisé après un décès constaté selon des critères médicaux stricts. Il a lieu soit après un arrêt circulatoire irréversible soit après un diagnostic de mort cérébrale. La mort cérébrale correspond à l’arrêt complet et irréversible de toutes les fonctions du cerveau. Elle peut notamment survenir à la suite d’un traumatisme grave, d’un accident vasculaire cérébral ou d’un accident de la route.

Dans ces situations, certains organes peuvent continuer à être maintenus en fonctionnement artificiellement pendant un temps limité, ce qui permet leur prélèvement en vue d’une transplantation.

Il n’existe pas de limite d’âge maximale pour être donneur. Chaque situation est évaluée individuellement en fonction de l’état de santé des organes. Le don reste anonyme entre la famille du donneur et celle du receveur. Enfin, tu peux modifier ton choix à tout moment.

Et je fais comment pour devenir (ou pas) donneur d’organes ?”

En Belgique, le principe appliqué est celui du consentement présumé : « Qui ne dit mot consent ». 

Concrètement si tu es belge ou que tu résides en Belgique depuis au moins 6 mois, tu es donneur potentiel sauf si tu l’as formellement refusé via le formulaire adéquat.

Si tu n’as pas explicitement exprimé ta volonté, le personnel médical demandera l’avis de ta famille. L’un de tes parents ou tuteur vivant sous le même toit peut exprimer son opposition, quel que soit ton âge. Pour éviter à tes proches de prendre une décision douloureuse dans un moment difficile, il vaut mieux en discuter quand tout va bien.

Quand tu as fait ton choix, quel qu’il soit, tu as deux solutions :

● Tu peux remplir le formulaire qui acte ta volonté et le remettre à la commune au service « État civil ».
Si tu es mineur, un parent/tuteur doit t’accompagner.

● Il est possible de faire ta déclaration via le site masante.be (à l’aide d’un lecteur de carte d’identité ou Itsme) ou chez ton médecin traitant. Tu pourras décider de ce qu’il advient de tes organes (pour transplantation) et de ton matériel corporel humain (pour transplantation, fabrication de médicaments ou encore recherche scientifique).

“Est-ce que ça veut dire que je vais donner mon corps à la science ?”

Se déclarer “donneur d’organes” et “faire don de son corps à la science” sont deux démarches distinctes.

Faire don de son corps à la science après son décès consiste à autoriser qu’il soit utilisé à des fins d’enseignement, de formation ou de recherche scientifique. Il peut notamment servir à la formation des étudiants en médecine, à l’amélioration des techniques chirurgicales ou à différents projets de recherche.

Si cette démarche t’intéresse, tu dois prendre contact avec une faculté universitaire de médecine afin de connaître les modalités d’inscription et de recevoir les documents nécessaires.