A l’heure actuelle les progrès médicaux sont incroyables mais ils ne suffisent pas. Le don d’organes est essentiel pour sauver des vies. Alors, si tu ne t’es jamais penché sur la question, c’est peut-être le moment d’en parler en famille, en dehors des moments dramatiques.
“Le don d’organes ? J’en ai déjà entendu parler mais…”
Aujourd’hui, les progrès de la science permettent de sauver de nombreuses vies grâce aux dons : de sang, de tissus ou d’organes.
Pour certaines personnes atteintes de maladies graves, la seule façon d’aller mieux est, parfois, de remplacer les organes malades par des organes sains. Grâce à une transplantation, tu donnes la possibilité à quelqu’un de reprendre le cours d’une vie normale. A titre purement informatif, en 2023, ce sont pas moins de 480.552 belges qui sont enregistrés comme donneurs d’organes.
Poumon(s), cœur, foie, rein(s), pancréas, intestins : on peut sauver jusqu’à 8 personnes avec un seul donneur ! On peut également faire don de “matériel corporel humain” (cellules, tissus, etc.) pour les transplantations mais également dans le but d’aider la recherche et la fabrication de médicaments.
“Ça m’intéresse ! Comment ça se passe ?”
Il existe deux sortes de don : de ton vivant (ce qui est très rare en Belgique) et « post-mortem » (après le décès).
● De ton vivant
Dès l’âge de 18 ans, tu as la possibilité de donner un organe de ton vivant. Tu as sans doute déjà entendu parler d’une greffe de rein par exemple.
C’est un geste solidaire qui comporte peu de risques pour toi et qui peut faire une énorme différence pour quelqu’un d’autre. Le don d’organes ne se fait que si la santé du donneur n’est pas mise en danger. A contrario, quand les conséquences médicales pour le donneur s’avèrent plus importantes, le prélèvement d’organes n’est réalisé que lorsque la vie du receveur est en danger.
Dans tous les cas, le médecin en charge de l’intervention devra te fournir les informations les plus claires sur les effets physiques, psychiques et sociaux que le prélèvement entraîne. La greffe se fait donc avec ton consentement (par écrit etdevant un témoin majeur) et dans un but altruiste (il n’y a pas d’avantage financier à faire un don d’organes).
● Post-mortem
Dès l’âge de 13 ans, tu peux te déclarer comme donneur d’organes après ton décès, c’est ce qu’on appelle un don « post-mortem ».
Si tu es mineur, il te faudra l’accord d’un parent/tuteur, sinon, tu devras attendre ta majorité pour acter ton choix.
Le prélèvement peut se faire lors d’un arrêt cardio-circulatoire mais la plupart du temps il se fait dans le cas d’une mort cérébrale, c’est-à-dire lorsque le cerveau meurt suite à un écoulement de sang (hémorragie cérébrale). Cela peut se produire suite à une très grosse chute, un accident de voiture, etc. Au moment du décès, d’autres organes peuvent continuer à fonctionner grâce à des machines et peuvent ainsi être prélevés et transplantés à un receveur.
Il n’y a pas de limite d’âge maximum pour être donneur et le don reste anonyme entre la famille du donneur et la famille du receveur. Tu peux également changer d’avis autant de fois que tu le désires.
“Et je fais comment pour devenir (ou pas) donneur d’organes ?”
En Belgique, on a adopté une position pro-active par rapport à ce don : « Qui ne dit mot consent ».
Concrètement si tu es belge ou que tu résides en Belgique depuis au moins 6 mois, tu es donneur potentiel sauf si tu l’as formellement refusé via le formulaire adéquat.
Si tu n’as pas explicitement exprimé ta volonté, le personnel médical demandera l’avis de ta famille. L’un de tes parents ou tuteur vivant sous le même toit peut exprimer son opposition, quel que soit ton âge. Pour éviter à tes proches de prendre une décision douloureuse dans un moment difficile, il vaut mieux en discuter quand tout va bien.
Quand tu as fait ton choix, quel qu’il soit, tu as deux solutions :
● Tu peux remplir le formulaire qui acte ta volonté et le remettre à la commune au service « État civil ».
Si tu es mineur, un parent/tuteur doit t’accompagner.
● Il est possible de faire ta déclaration via le site masante.be (à l’aide d’un lecteur de carte d’identité ou Itsme) ou chez ton médecin traitant. Tu pourras décider de ce qu’il advient de tes organes (pour transplantation) et de ton matériel corporel humain (pour transplantation, fabrication de médicaments ou encore recherche scientifique).
“Est-ce que ça veut dire que je vais donner mon corps à la science ?”
Se déclarer « donneur d’organes » et « faire don de son corps à la science » sont deux choses différentes.
Léguer son corps à la science lors du décès, c’est donner l’autorisation que celui-ci soit utilisé à des fins scientifiques ou de formation (recherches, apprentissage pour les étudiants en médecine, etc.). Si ce cas de figure t’intéresse, il faut contacter une Faculté de Médecine Universitaire pour recevoir le formulaire adéquat.
● Masante.be – Brochure “Le don d’organes” (pdf) – Différents types de dons – Formulaire de déclaration de don d’organes (pdf) – En savoir plus sur les dons d’organes
● Ville de La Louvière – Le don d’organes
