L’homophobie



Le 17 mai, c’est la journée internationale de lutte contre l’homophobie.  En effet, c’est le 17  mai 1990 que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé : en Belgique, le mariage entre personnes de même sexe est autorisé depuis 2003 (la Belgique est le deuxième pays au monde à légaliser ce mariage après les Pays-Bas). Pourtant
, se tenir la main en rue n’est toujours pas évident pour tous les couples.

“Pourquoi parle-t-on d'”homophobie” ?”

Au départ, une phobie est une peur irraisonnée de quelque chose qui, en soi, ne représente pas un danger. On peut avoir peur du noir, de la foule, du vide, des araignées… ou des taille-crayons ! Par extension, on désigne par « phobie » un sentiment hostile, une attitude ou une manifestation de mépris, de rejet ou de haine envers des groupes de gens ou d’idées (dans ce cas-ci, les homosexuels, mais aussi le racisme, le sexisme…). À l’origine de ce sentiment, il y a souvent la peur de l’autre ou de ce qui est différent.

Comme l’homophobie, d’autres mots existent pour parler du rejet de certaines personnes : la biphobie (contre les personnes bisexuelles), la lesbophobie (contre les lesbiennes), la gayphobie (contre les gays) ou la transphobie (contre les personnes transgenres).

“Pourquoi certaines personnes sont-elles homophobes ?”

Sans doute parce que nous vivons dans un contexte où l’hétérosexualité est la « norme », c’est-à-dire, considérée comme la situation de référence, majoritaire et supérieure aux autres orientations sexuelles. Beaucoup d’influences y sont associées, qu’elles soient culturelles, religieuses ou familiales. Depuis l’enfance, on nous apprend souvent qu’il n’existe que deux possibilités : être un garçon ou une fille et tomber amoureux d’une personne de l’autre sexe. Or, dans la vie réelle, c’est beaucoup plus complexe que ça !

“C’est la même chose « orientation sexuelle » et « identité de genre »  ?”

● Mon orientation sexuelle, ça répond à la question : “Par qui suis-je attiré ?» (émotionnellement, affectivement et sexuellement ?) .
Ça fait bien sûr référence à ce que l’on ressent intimement, pas forcément à ce que l’on montre aux autres.
Certaines personnes n’acceptent pas cette attirance et se conforment à entrer dans le modèle « socialement acceptable » du couple « mixte » (homme-femme).

Pour penser la complexité, un peu de vocabulaire s’impose :

L’hétérosexualité : j’éprouve de l’attirance pour une personne du sexe opposé ;
L’homosexualité : j’éprouve une attirance pour une personne du même sexe ;
La bisexualité : j’éprouve de l’attirance indifféremment pour des personnes s’identifiant comme homme et des personnes s’identifiant comme femme ;
L’asexualité : je n’éprouve pas d’attirance sexuelle ;
La pansexualité : j’éprouve de l’attirance pour une personne, indépendamment de son genre.

● L’identité de genre, ça répond à la question : « Est-ce que je me sens intimement garçon ? Fille ? Les deux ? Aucun des deux ? D’un autre genre ? ». Il ne faut pas confondre avec le sexe biologique attribué à la naissance.

Cisgenre : je me sens comme étant du sexe assigné à la naissance ;
Non-binaire : je ne me reconnais pas uniquement comme homme ou comme femme ;
Transgenre : je ne me reconnais pas dans le genre qui m’a été assigné à la naissance ;

Le sexe biologique peut être mâle ou femelle, mais certaines personnes naissent avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas entièrement à ces deux catégories. On parle alors d’intersexualité pour les personnes nées avec “des caractéristiques ne correspondant pas entièrement aux catégories mâle ou femelle, ou appartenant aux deux en même temps“.

Toutes ces mentions (et d’autres encore) sont reprises sous la mention “LGBTQIA+”.

Aujourd’hui, on préfère parler de personnes transgenres plutôt que de transsexualité car ce mot peut prêter à confusion et a des origines médicales.

“Est-ce qu’on est protégé par la loi ?”

Dans certains pays, c’est la loi elle-même qui met les homosexuels en danger (parfois, ils risquent même la peine de mort dans certains pays !)
En Belgique, depuis 2003, la loi protège toutes les personnes contre la discrimination, que ce soit à cause de leur genre, de leur âge, de leur nationalité, de leur race, etc. Elle prévoit aussi une protection spécifique contre les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle. La loi du 10 mai 2007 a renforcé cette protection pour les personnes LGBT, en les protégeant plus efficacement contre le harcèlement et toute forme de discrimination. Face à des comportements homophobes, des injustices, des brimades, la victime peut donc se tourner vers des organismes comme “le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme” (Unia). Mais on le sait, au quotidien, dans la rue, sur les réseaux sociaux ou dans les relations de tous les jours, les mots, les regards et certaines attitudes peuvent faire très mal.

“Comment lutter contre ces attitudes ?”

On peut commencer par arrêter d’utiliser des insultes “pour rire” : des mots comme “pédé” ou “tarlouze” blessent, même quand c’est censé être drôle. Intéresse-toi d’abord à la personne et à ses qualités, pas à son orientation sexuelle. Respecte son choix de parler ou non de son orientation, et ne la fais pas culpabiliser si elle en parle.


En savoir plus
Arc-en-ciel Wallonie est le site de la Fédération wallonne des associations LGTB
Mac MonsMac Charleroi
Le Refuge Arc-en-ciel Charleroi est un  hébergement d’urgence pour jeunes LGBTQI+ éjecté·e·s de leur famille ou fuyant leur famille.
Federation Prisme : représente les associations wallonnes LGBTQI+
Et toi, t’es casé ?” est une campagne de sensibilisation à destination des jeunes et des clichés + lexique
TelsquelsO’yes : associations
Genres pluriels – Visibilité des personnes aux genres fluides, trans et intersexes
L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes est une institution fédérale chargée d’observer, d’étudier et de faire des propositions pour remédier aux inégalités de traitement liées au sexe. Il a notamment dressé un état des lieux social et juridique des personnes “transgenres” et “transsexuelles” en Belgique.
Liste non exhaustive des structures et associations LGBTQI+ 
Adresses utiles
 Les Plannings familiaux accompagnent à travers divers types de consultations (psychologique, juridique, sociale, médiation familiale,…)
L’Espace Wallonie de La Louvière aide pour toute question relative aux discriminations (orientation sexuelle, nationalité, convictions religieuses…)
49 rue Sylvain Guyaux 7100 La Louvière
1718

Site web

Point de contact anti-discrimination (UNIA + Institut pour l’égalité des femmes et des hommes) : dispo à l’Espace Wallonie sur demande
Police Bruxelles – LGBTQI+ Point de contact
Formulaire pour déposer une plainte
Le Centre interfédéral pour l’égalité des chances (Unia)
0800/12.800 (lundi, mercredi et vendredi de 9h30 à 13h)

Site web

Unia – Point Hainaut :