Mariage forcé


L’été dernier, Leïla est partie en vacances avec sa famille. Mais pour elle ce n’était pas vraiment des vacances synonymes de soleil, de repos et de balades… Lorsque Leïla est revenue, elle était mariée ! Avec un quasi inconnu, sans avoir eu son mot à dire.  Doit-elle en parler ? Difficile, elle ne veut pas offenser ses parents et puis, elle a trop honte !


Chaque année des jeunes partent à destination du pays d’origine de leur famille, issues de différentes cultures. Et comme chaque année, certains d’entre eux se marient sur place avec un(e) partenaire(e) qui viendra ensuite les rejoindre en Belgique dans le cadre du regroupement familial.
Pour certains ça représente un moment heureux, pour celles et ceux qui ne souhaitent pas le mariage, c’est le début du cauchemar !

“Qu’est-ce que le mariage forcé ?”

Le mariage forcé consiste à obliger une personne à se marier avec quelqu’un avec qui elle ne désire pas se marier. La famille et l’entourage exercent une pression sous la contrainte morale et/ou physique (enlèvement, confiscation des papiers d’identité, chantage affectif, violence, etc.) pour faire accepter cette union.

Selon l’Article 16 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « Toute personne a le droit de se marier et de fonder une famille sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion. Le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein consentement des futurs époux. ».

La loi permet d’ailleurs d’annuler ce type de mariage une fois de retour en Belgique et/ou de porter plainte. Mais très souvent, les jeunes filles et garçons ont peur d’être rejetés par leur famille ou leur communauté et de subir des représailles.

Il est difficile d’expliquer ce genre de phénomène. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour tenter de comprendre ces coutumes :

  • La sauvegarde des idéaux religieux ou culturels
  • L’importance de maintenir l’honneur
  • Eviter les mariages mixtes
  • Manœuvres pour l’obtention de papiers de séjour
  • Calcul financier (paiement d’une dot…)

Il faut remarquer que la pression de l’entourage amène certains parents à avoir recours à ce genre de pratique pour ne pas être mis au ban de la société alors qu’eux-même n’y sont pas favorables.

“Mariage arrangé , mariage blanc et mariage forcé, c’est pareil ?”

Dans le cas d’un mariage arrangé, ce sont les familles (généralement les parents) qui jouent un rôle central dans l’arrangement du mariage en choisissant/proposant un(e) conjoint(e) mais ce sont les potentiels futurs mariés qui décident s’ils veulent s’unir ou non (si il n’y a pas de consentement, on en revient à un cas de mariage forcé).

En ce qui concerne le mariage blanc (ou encore de “complaisance”), il s’agit d’épouser une personne dans l’unique but d’obtenir un permis de séjour ou une rémunération en contre-partie de ce permis.

“Quelles sont les conséquences ?”

Quelles que soient les motivations, ces unions sont en général, une grande source de souffrances. Il y a tout d’abord les souffrances psychologiques : culpabilité, perte de confiance, honte, sentiment de trahison… mais aussi les conséquences directes sur la santé : transmission de MST, grossesses précoces, troubles alimentaires, troubles du sommeil, déprime, violence conjugale et parfois suicide.

Dans certains cas, le mariage forcé peut aussi amener à des conséquences sociales : interdiction de sortir (et obligation de rester à la maison pour s’occuper de la maison et des enfants), de voir les amis ou la famille, de continuer des études ou d’avoir un métier.

“Est-ce qu’il y a des sanctions prévues ?”

En 2007, la Belgique s’est dotée d’une loi visant à incriminer et élargir les moyens d’annuler le mariage forcé (article 146 du Code civil) : « Il n’y a pas de mariage non plus lorsque celui-ci est contracté sans le libre consentement des deux époux et que le consentement d’au moins un des époux a été donné sous la violence ou la menace ».

Celui qui contraint quelqu’un à un mariage contre son gré, par les menaces ou la violence, peut se voir infliger une peine de prison ou une amende.

“Qu’est ce que je peux faire ?”

Certains mariages pourraient être évités grâce au dialogue, certains jeunes ont tellement peur qu’ils n’osent même pas dire à leurs parents qu’ils ne veulent pas se marier, persuadés que cela ne changera rien. Il faut renforcer l’information et rappeler sans cesse que ces pratiques sont interdites par la loi.

En Belgique, il est possible d’annuler un mariage forcé, toutefois, ce sera à la victime de se défendre, d’apporter des preuves que ce mariage n’était pas voulu. Dans la liste ci-dessous, tu trouveras des adresses où des professionnels sont là pour t’aider, ils mettront tout en œuvre pour te venir en aide. Tu peux également t’adresser au centre PMS de ton école ou aux plannings familiaux de ta ville ainsi qu’au service d’aide à la jeunesse le plus proche.

En savoir plus
Réseau mariage et migration – Mon mariage m’appartient
Love attitude – Liste des plannings familiaux
Mariageforcé.fr – Lire des témoignages 
Femmesprevoyantes.be : Les ‘Femmes prévoyantes socialistes’ est un mouvement d’Education permanente (formation, action, militantisme, etc.)
Plannings fps – Le mariage forcé : des informations complètes et pratiques pour mieux la comprendre, l’appréhender et y faire face
Amnesty jeunes – C’est quoi le mariage forcé ?
Institut pour l’égalité des hommes et des femmes – Brochure “Temps de vacances : temps de mariage ?” (pdf)
ADDE – Annulation du mariage
Droits quotidiens – Mariage en Belgique
Adresses utiles
Cellule Relations de complaisance
Infodesk : 02/793.80.00
Mon mariage m’appartient
0800/90.901
Lundi, mardi et vendredi de 10h à 16h
Mercredi et jeudi de 10h à 13h
Site web
Solidarité femmes et refuge pour femmes battues ASBL
43 A rue de l’Olive (siège social)
7100 La Louvière
064/21.33.03
Infos
Violences et Mariages forcés ASBL
22 Grand Place
7000 Mons
0474/61.70.28

Site web
Service des droits des jeunes MONS
2 A rue Tour Auberon
7000 Mons
065/35.50.33
Permanences téléphoniques du lundi au vendredi de 09h à 17h.
Permanences sur rendez-vous.
 
Site web
Service des droits des jeunes CHARLEROI
26 Boulevard Audent – 5ème étage
6000 Charleroi
071/30.50.41
Permanences téléphoniques du lundi au vendredi de 09h à 17h.
Permanences sur rendez-vous.
 
Site web
Réseau mariage et migration
20 rue de l’Alliance
1210 Bruxelles
Accueil téléphonique au 0800/90.901 (n° gratuit) ou 02/241.91.45
Lundi, mardi, mercredi et vendredi de 10h à 16h.

Site web
Association Esperanto propose plusieurs lits pour les jeunes victimes de violences liées à l’honneur
0473/40.00.66

Site web
Centre de prévention des violences conjugales et familiales
27-28 Boulevard de l’Abattoir
1000 Bruxelles
02/539.27.44
Permanences téléphoniques toute la semaine de 09h à 19h et le week-end de 10h à 17h. Possibilité de prendre rendez-vous du lundi au vendredi de 9h à 17h.
info@cpvcf.org

Site web
Association pour le droits des étrangers ASBL
22 rue du Boulet
1000 Bruxellesf
02/227.42.41
Lundi et jeudi de 14h à 17h

Site web
Fédération des institutions et services spécialisés d’aide aux adultes et aux enfants
6 bte 14 Chaussée de Boondael
1050 Bruxelles
02/648.69.16 – 02/648.75.98

Site web
Compose le 107 : numéro du télé-accueil gratuit, service d’aide par téléphone, accessible jour et nuit 7j/7, où tu seras écouté anonymement (infos)
Compose le 103 : numéro du télé-accueil gratuit si tu es mineur(e), de 10h à minuit (infos)

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